Pêche à la réunion

Nous sommes le 18 décembre 2010 et le jour « j » est enfin arrivé ! Voilà près d’un an que je prépare ce voyage. Cette destination m’a toujours fait rêver. L’île est réputée pour ses paysages grandioses, sa diversité culturelle, son accueil et bien entendu pour ses spots de pêche au gros.

Pour moi, la pêche exotique est une nouvelle expérience. Heureusement, quelques amis et contacts m’ont permis de préparer au mieux ce voyage. Grâce à leurs conseils, je pense être en mesure de chatouiller les sous-marins réunionnais.

Tube de transport des cannes Amiaud

Toutefois, il m’est impossible de trouver de réel guide de pêche aux leurres sur l’île. Je décide donc de me débrouiller par mes propres moyens et de louer un bateau. On me conseille Bourbon Pêche Plaisance pour la qualité de ses prestations et la gentillesse du personnel. Sans hésitation, je réserve quelques demi journées et rencontre alors Bertrand Evrard qui me donne deux ou trois tuyaux et me présente « Le Pistoulet ». Un coque rigide de 7 m avec 175 CV diesel. Bertrand est un ancien guide sur la métropole qui vit depuis une quinzaine d’années sur l’île. C’est une référence dans le milieu de la pêche et un passionné de la traque du Marlin. Soit dit en passant, il détient plusieurs records et de très belles places en coupe de France avec son coéquipier Thierry Bourdel.

C’est parti, les sacs Pike n’Bass sont chargés, le soleil se lève tranquillement et je quitte le port de St Gilles Les Bains salué par quelques poissons volants. Je décortique la carte et m’aperçois alors que les bordures sont en réserve. La pêche y est interdite jusqu’à la ligne de sonde des 50 m. C’est le choc ! En effet, je ne dépasse jamais plus de 35 m chez moi. Moi qui voulais déclencher des attaques sur du K-Ten ou faire monter du gros en surface sur du Feed Popper ou du Roosta Pop, ça risque d’être compliqué. Heureusement, je n’ai pas mis tous mes œufs dans le même panier. Une petite armée de jigs me suivait. Des CB One, des P Boy, des Spanyid, des Raider de 100 à 250 g dans une multitude de coloris allaient pouvoir s’offrir une petite baignade à 27 °C.

e choisis alors de me diriger vers le « Sec », un plateau d’environ 60 m de profondeur situé devant St Gilles. Mais là encore, le fond n’est quasiment pas décrit sur la carto. Les patates de coraille et les fluctuations du fond n’y sont pas représentées. C’est donc au sondeur que je me mets à rechercher toute modification du relief. La zone la plus intéressante se trouve en bordure du plateau. Le fond remonte légèrement à environ 56 m avant de chuter brusquement vers les abysses. Plus tard, j’apprendrai que cette zone est appelée « Le Bourlet ». Je monte une Kinkaï 125 g et attends un temps infini avant qu’elle touche le fond. Ca y est, les choses sérieuses vont pouvoir commencer. Animations rapides, grandes amplitudes, petites tirées sèches, etc … mais les touches tardent à venir et le bilan de la journée est bien maigre.

Lors de la deuxième sortie, je décide de me diriger plus au nord du plateau. Alors que j’animais avec acharnement ma semi long 125 sur un joli haut fond, une chasse éclate un petit peu plus au large. Quelques oiseaux noirs survolent la zone. En me dirigeant vers la chasse, je vois des éclaboussures et des remous impressionnants. Des bonites sautent hors de l’eau. Elles chassent, mais sont elles aussi traquées par un autre prédateur. Je sors un K-Ten et l’expédie avec ma Furrary Racing en plein dans la chasse. Bing ! Pendu ! En peu de temps, quelques bonites succombent à ce leurre fantastique.

 

Néanmoins, je veux savoir quels prédateurs les chassent. Je me place alors plus en retrait de la chasse qui se déplace à une vitesse hallucinante. Je monte un Mother Eel que j’anime lentement par des tirées assez longues et des relâchés à 2 ou 3 m sous la surface. Soudain, un poisson de plus d’un mètre surgit de nulle part. Il s’arrête brusquement devant mon leurre et l’observe, c’est un Wahoo appelé aussi Thon Banane. J’accélère mon leurre par une tirée beaucoup plus franche et une torpille se jette littéralement dessus. Mon Shock Leader, pourtant en 80 °/°°, est coupé net. A partir de ce moment là, mon esprit se focalise sur ce poisson. Je scrute inlassablement les chasses, rajoute un bas de ligne en acier et passe en revue toute ma boîte à leurres. Mais rien à faire. Ils sont extrêmement méfiants et refusent systématiquement tout ce que je leur propose. Dès que je remets du fluoro, ils attaquent, mais me coupent avec une facilité déconcertante.

 

Lors des sorties suivantes, les Wahoo continueront à me narguer jusqu’à me croquer des bonites entières et ne me laisser que la tête. Au jig, j’aurai la chance de toucher un « Rouge Grand Queue » aux couleurs splendides et de me faire atteler par un poisson surpuissant qui me donnera du fil à retorde et courbera la Fiber Jig sans ménagement

Sur son bateau, Bertrand me présentera les techniques qu’il utilise pour pêcher aux appâts le thon jaune, le requin et le thon banane. Il me fera aussi découvrir ses techniques de pêche au Marlin à la bonite vivante. *

Ce séjour a été extrêmement enrichissant. J’ai pu découvrir une pêche totalement différente dans un cadre idyllique.

 

Je tiens à remercier tous les contacts qui m’ont aidé à réaliser ce voyage. Je pense notamment à Stanley Liogier, Bruno Pebe, Romain Charroux, Arnaud, Jean Christophe Lanchier, Philippe Foucret, toute l’équipe du Petit Pêcheur, le Magazine Voyages de Pêche, le forum Côté Pêche et bien entendu les sociétés Ultimate Fishing et Amiaud Pêche qui m’ont mis à disposition du matériel de très haute qualité.

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~ par Fishing-victeam sur 28 février 2011.

 
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